| Dans les coulisses de Mme Desbassayns
Boite de production et réalisation de films. Location de costumes d'époques à la Réunion
Production, films, réunion, 974
7712
post-template-default,single,single-post,postid-7712,single-format-video,ajax_fade,page_not_loaded,,wpb-js-composer js-comp-ver-4.1.2,vc_responsive
 

Blog

Dans les coulisses de Mme Desbassayns

Une aventure humaine extraordinaire. La fierté de produire un film 100% réunionnais. Le rêve accompli de redonner vie par le son et l’image aux grandes figures de l’Histoire de l’île.
On peut le dire désormais avec certitude et fierté : l’histoire de l’illustre Madame Desbassayns va être portée à l’écran, au début de l’année 2015, dans un documentaire-fiction coproduit par Kapali Studios et France Télévision. Ce film, qui a été placé sous la houlette du réalisateur réunionnais William Cally, constituera sa troisième œuvre du genre consacrée aux grands personnages de l’Histoire de l’île. Le docu-fiction Madame Desbassayns, en effet, succède à ceux portant sur l’esclave révolté Élie (Élie ou les forges de la Liberté) et sur le célèbre bandit Sitarane (Sitarane, le valet de pique).
Le tournage, palpitant, intense et très fort émotionnellement, s’est achevé le mercredi 10 septembre 2014 à Saint-Leu. Le décor du Conservatoire Botanique de Mascarin est venu parachever un tournage fiction débuté début août et qui aura emprunté différents chemins, de la Bretagne métropolitaine jusqu’à La Réunion.
C’est d’abord l’Étoile du Roy, un navire trois-mâts situé à Saint-Malo, qui aura servi de décor d’époque dans le cadre du tournage des pérégrinations de Monsieur Panon Desbassayns, le mari de Madame… Toujours en Bretagne, ce furent ensuite la Citadelle de Port Louis, non loin de Lorient, puis le Haras national d’Hennebont qui auront été choisis pour de superbes séquences « fiction » appelées à illustrer le film à venir.
À La Réunion, le domaine du Musée de Villèle, où se trouve la maison même où vécut Hombeline Desbassayns, aura inauguré le tournage local. Huit jours de tournage entre Villèle et Colimaçons, quelques-uns des meilleurs comédiens locaux, plus d’une centaine de figurants et une incroyable énergie, une incroyable émotion. Voilà la synthèse de ces moments intenses vécus durant la première quinzaine de septembre 2014. Les photos de ce tournage nous laissent à présent espérer qu’un très beau film réunionnais se trouve en gestation…

Les jalons ont été franchis vers un film réunionnais ambitieux. Nous fondons le projet de réaliser, avec ce documentaire sur la vie de Madame Desbassayns, l’une des œuvres les plus marquantes sur l’Histoire de l’île de La Réunion.
La vie de Mme Desbassayns est exceptionnelle à plus d’un titre dans l’Histoire de l’île de La Réunion. Mariée dès l’âge de 15 ans à Henri-Paulin Panon Desbassayns, cette jeune créole dénommée Hombeline Gonneau va aussitôt entamer un parcours hors du commun. Elle se retrouve, en vérité, à la tête de la plus puissante famille de propriétaires terriens du pays. Sa vie, devenue légendaire, aura ainsi épousé de façon remarquable le destin de son île elle-même. Au fil d’une très longue existence, elle aura éprouvé, en effet, comme par une symbolique résonnance, la grande métamorphose de Bourbon. Traversant deux périodes historiques totalement différentes (le XVIIIème et le XIXème siècles), elle vit à l’œuvre les grandes mutations de son temps : la période royale, la révolution française et ses conséquences dans les colonies, l’avènement de Napoléon, l’Empire, la Restauration et la Monarchie de Juillet… Une vie riche en événements politiques, en mutations économiques, mais aussi en drames familiaux. Mais nous parlons avant tout d’une dame qui a régné durant près d’un siècle sur un vaste patrimoine ; à une époque pourtant où le
rôle économique et politique de la femme était ravalé au second plan, sinon inexistant. Elle a donc su échapper à la seule mission qu’on lui offrait alors, celle de la procréatrice, celle de la mère, pour finalement incarner l’image d’un certain capitalisme à la créole se conjuguant aux idéaux de la révolu-tion industrielle. Par sa finesse d’esprit, sa force de caractère et sa discipline de fer dans la gestion de son habita-tion, elle a engendré un véritable mythe autour de sa personne, jusqu’à incarner désormais une icône à l’aura pour le moins ambiguë. Si les chroniques coloniales nous parlent d’elle comme de la « Seconde Providence », comme d’une « Sainte de Bourbon », il s’avère en fait que la mémoire populaire et les légendes orales l’ont progressivement transformée en une incarnation du mal et des abominations de l’esclavage. Mme Desbassayns, au grand désespoir de ses descendants, a suscité ainsi une véritable légende noire dans l’île : cette propriétaire d’esclaves, pour la majorité des Réunionnais, n’a plus d’autre visage de nos jours que celui d’une diablesse, d’une monstrueuse et sadique esclavagiste. C’est bien au coeur de ce paradoxe, de cette formidable contradiction ontologique, que se situe la force irradiante ayant rendu cette femme toujours aussi vivante dans la mémoire de son peuple, plus d’un siècle et demi après sa mort.